Jean-Loup Dabadie (1938 – 2020)

Interview | 26.05.2020
Surtout connu pour son travail avec Yves Robert et Claude Sautet, Jean-Loup Dabadie qui vient de nous quitter, a collaboré à deux reprises avec Philippe de Broca, sur La Poudre d’escampette (1971) et Chère Louise (1972).En 1973, il est interviewé dans l’émission de Pour le cinéma, et parle notamment du long travail d’écriture de La […]

Surtout connu pour son travail avec Yves Robert et Claude Sautet, Jean-Loup Dabadie qui vient de nous quitter, a collaboré à deux reprises avec Philippe de Broca, sur La Poudre d’escampette (1971) et Chère Louise (1972).
En 1973, il est interviewé dans l’émission de Pour le cinéma, et parle notamment du long travail d’écriture de La Poudre d’escampette.

« Quand j’écris pour Philippe de Broca, j’ai beaucoup plus de mal à chercher, à trouver, ensuite à décrire sur mon papier une longue séquence sans un seul mot et qui était : ces trois personnages joués par Marlène Jobert, Michel Piccoli et Michael York perdus dans une grande trajectoire sans fin, dans le désert. Ils volaient un avion qui était posé comme une libellule sur le sable. Et je me disais que s’ils montaient dans cet avion, le film est fini parce qu’ils vont rejoindre leur but tout de suite. Alors, il fallait qu’il arriva des avaries aux personnages, donc d’abord à l’avion. Le travail était de trouver comment l’avion pouvait décoller sans décoller, retomber et repartir, etc… Puis, on ne pouvait pas faire trente minutes là-dessus. Je me rappelle très très bien qu’il a fallu une bonne semaine avant de trouver l’idée suivante. Ils arrivaient dans un défilé de rochers, les ailes de l’avion cognaient. Ils déboulonnaient les ailes et continuaient… Cet insecte sans ailes avançait de façon complètement grotesque. Cet avion idiot et boiteux, cela vient de de Broca. Je me rappelle que le travail sur cette idée a été beaucoup plus long que toutes les scènes de dialogues à écrire dans le film. »