20 janvier 1961 : sortie de “Le Farceur”

Interview | 20.01.2018
Il y a 57 ans sortait sur les écrans français Le Farceur, avec Jean-Pierre Cassel, deuxième des quatre films qu’il tourna avec Philippe de Broca. Voici comment Jean-Pierre Cassel parle de sa collaboration avec Philippe de Broca, dans son autobiographie, À nos amours. “Philippe de Broca avait un sens inné de la comédie, un humour […]
Image du film Le Farceur de Philippe de Broca avec Jean-Pierre Cassel

Il y a 57 ans sortait sur les écrans français Le Farceur, avec Jean-Pierre Cassel, deuxième des quatre films qu’il tourna avec Philippe de Broca.
Voici comment Jean-Pierre Cassel parle de sa collaboration avec Philippe de Broca, dans son autobiographie, À nos amours.

“Philippe de Broca avait un sens inné de la comédie, un humour très personnel, un univers très original. Il connaissait très bien les acteurs, car il était un des rares à aller les voir au théâtre. Tout de suite, nous eûmes une complicité absolue. Je me rendais compte que j’étais la projection exacte de ce qu’il souhaitait montrer de lui à l’écran. Les mêmes choses nous faisaient rire. J’avais en moi la même nostalgie que celle qu’il pouvait avoir. Et nous avions en commun la même impatience. Sans doute également un petit fond de misogynie, due au départ à une grande timidité. Celle de Philippe ne s’est pas arrangée avec les années, je parle de sa misogynie (…)

Je tournai Les Jeux de l’amour dans la plus grande liberté. La presse fut dithyrambique (…) Malheureusement, le public ne suivit pas autant que l’on aurait pu s’y attendre. L’année suivante, nous nous retrouvions pour le tournage du Farceur, Philippe et Daniel Boulanger m’avaient écrit un rôle sur mesure (…) Là encore, le film recueillit tous les suffrages de la critique, mais ne fut pas un succès commercial. (…)
Ces demi-succès ou ces semi-échecs, comme on voudra, ont sans doute beaucoup altéré mes rapports avec Philippe. En tout cas, les rapports que lui avait avec moi.
Dans les quatre films que nous avions tournés ensemble, à travers mon personnage, il se dévoilait totalement. J’étais le prolongement idéal de sa personnalité. Et malheureusement, c’étaient les films avec Belmondo qui trouvaient le succès auprès du public. Grâce au charisme de Jean-Paul, et aussi parce que les films étaient moins complexes. Philippe prenait ça comme une offense. Il se trouvait face à lui-même et il ne le supportait pas.”